- Vue de l’Ilet à Aigrettes – ©F.GUILHABERT/CBNMQ
Cette page a vocation à évoluer tout au long du projet COXELIMA. Vous y retrouverez régulièrement les actualités, les actions menées sur le terrain, les avancées scientifiques ainsi que les temps forts qui rythmeront ces trois années de projet.
Bienvenue dans l’espace dédié à COXELIMA.
COXELIMA : un projet pour préserver la flore littorale et semi-xérophile de Martinique
La Martinique abrite une flore d’une richesse exceptionnelle. Avec près de 1 600 taxons indigènes, dont 273 espèces endémiques, elle possède un patrimoine végétal unique qu’il est essentiel de préserver.
Cependant, cette biodiversité n’échappe pas à l’érosion observée à l’échelle mondiale. Grâce aux connaissances acquises ces dernières années par le Conservatoire Botanique National de Martinique (CBN Martinique) et ses partenaires, plusieurs espèces végétales apparaissent aujourd’hui dans une situation de conservation particulièrement préoccupante. Certaines, autrefois présentes sur plusieurs sites de l’île, ne subsistent plus qu’au sein de quelques populations relictuelles, voire ont disparu du milieu naturel.
Les milieux littoraux et semi-xérophiles figurent parmi les plus touchés. L’élévation du niveau de la mer, l’érosion du littoral, les effets du changement climatique, l’urbanisation, l’artificialisation des habitats et les pressions liées aux activités humaines contribuent à la régression de ces écosystèmes et des espèces qui y sont associées.
Un projet européen au service de la biodiversité martiniquaise
Pour répondre à ces enjeux, le Conservatoire Botanique National de Martinique porte COXELIMA, un projet de conservation, prévu sur trois ans, lauréat de l’appel à projets européen BESTLIFE2030.
Le projet bénéficie d’un cofinancement du programme BESTLIFE2030 de l’Union européenne et vise à mettre en œuvre des actions concrètes en faveur de la conservation de la flore martiniquaise.
Un objectif clair : conserver et restaurer
COXELIMA a pour objectif de conserver et restaurer les populations de six espèces végétales rares et menacées, classées En danger critique d’extinction (CR) ou En danger d’extinction (EN), caractéristiques des milieux littoraux et semi-xérophiles de Martinique, afin de préserver durablement la biodiversité de l’île.
Les espèces concernées sont :
- Dodonaea viscosa (Dodonée / Dodoné) – Pré-évaluée CR par le CBN Martinique
- Euphorbia articulata (Bwa lèt bodlanmè) – EN
- Guaiacum officinale (Gaïac / Gayak) – CR
- Miconia angustifolia (Palisad (a) Jak) – EN, pré-évaluée CR par le CBN Martinique
- Sophora tomentosa (Bois chapelet / Bwa chaplé) – EN
- Tournefortia gnaphalodes (Bwadlans nwè)– CR
- Dodoné – ©A.THESÉE/CBNMQ
- Bwa lèt bodlanmè – ©A.ARNAUD/CBNMQ
- Gayak – ©B.FERLAY/CBNMQ
- Palisad (a) Jak – ©F.GUILHABERT/CBNMQ
- Bwa chaplé – ©F.GUILHABERT/CBNMQ
- Bwadlans nwè – ©F.GUILHABERT/CBNMQ
Toutes présentent un état de conservation préoccupant et nécessitent des actions rapides afin d’éviter leur disparition à l’échelle de la Martinique.
Des actions fondées sur la connaissance scientifique
Le projet s’appuie sur une stratégie globale associant conservation in situ (dans le milieu naturel) et ex situ (hors du milieu naturel).
Le principal objectif est de constituer des stocks conservatoires et de produire des individus destinés à renforcer les populations existantes ou à créer de nouvelles populations sur des sites écologiquement favorables et résilients face au changement climatique.
Afin d’orienter ces actions, des inventaires de végétation et des études écologiques seront menés pour identifier les sites les plus adaptés. Le projet prévoit également la conservation de semences et de matériel végétal, la production de plants, ainsi que l’amélioration des connaissances scientifiques sur les espèces ciblées.
Deux espèces, Guaiacum officinale et Miconia angustifolia, font déjà l’objet d’un Plan Directeur de Conservation (PDC). Les quatre autres espèces bénéficieront également de ce cadre scientifique afin de garantir la pertinence et la durabilité des actions engagées.
Des enjeux propres à chaque espèce
Certaines espèces présentent des situations particulièrement critiques.
La Dodonée (Dodonaea viscosa), autrefois signalée comme relativement commune en Martinique, a aujourd’hui disparu du milieu naturel. Des récoltes de graines réalisées à temps permettent néanmoins de conserver cette espèce en pépinière et en banque de semences.
Le Palisad (a) Jak (Miconia angustifolia) ne subsiste plus qu’au sein d’une unique population composée de moins d’une dizaine d’individus. Le projet prévoit notamment le développement de techniques de multiplication innovantes et des travaux en partenariat avec le Conservatoire Botanique des Iles de Guadeloupe afin de mieux connaître la diversité génétique de l’espèce.
Le Gaïac (Guaiacum officinale), arbre emblématique de Martinique, a fortement régressé en raison de l’exploitation passée de son bois et de la disparition progressive de ses habitats naturels.
Préserver des espèces… et les écosystèmes qui les accueillent
Au-delà de la sauvegarde des six espèces ciblées, COXELIMA contribue à la restauration des milieux littoraux et semi-xérophiles, véritables réservoirs de biodiversité.
Le projet permettra également de développer des méthodes et des retours d’expérience pouvant être partagés avec d’autres territoires caribéens confrontés à des enjeux similaires.
Enfin, un important volet de sensibilisation accompagnera les actions de terrain afin de mieux faire connaître ces espèces souvent méconnues et de favoriser l’appropriation du patrimoine naturel martiniquais par le plus grand nombre.
Parce que préserver ces plantes, c’est aussi préserver les paysages, les écosystèmes et la biodiversité de la Martinique.
Suivre le projet COXELIMA
Pendant toute la durée du projet, le Conservatoire Botanique National de Martinique partagera les avancées des actions menées, les missions de terrain, les résultats obtenus ainsi que des informations sur chacune des espèces concernées.
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